|
(DOHA)—Une coalition d’organisations
de conservation et de protection des espèces sauvages a manifesté sa
profonde déception face à la décision des Parties à la Convention sur
le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d’extinction (CITES) de ne pas accorder une plus grande
protection à l’ours polaire.
La proposition des États-Unis aurait
permis d’interdire le commerce international des parties et des
produits de l’ours polaire. Si cette proposition avait été adoptée dans
le cadre de la conférence CITES, elle aurait permis à au moins 3000
ours polaires, d’échapper aux transactions à fins commerciales au cours
des dix prochaines années, à l’heure où cette espèce est de plus en
menacée par la disparition de son habitat imputable au réchauffement
climatique.
« Nous sommes profondément déçus par
le refus des Parties à la CITES d’appuyer cette proposition cruciale »,
a déclaré Mme Teresa Telecky, directrice des programmes sur les espèces
sauvages pour l’organisation Humane Society Internationale,
et directrice exécutive du Species Survival Network.
« Une interdiction des transactions menées à des fins commerciales
portant sur les parties et les produits d’ours polaire, tels que les
tapis en peau d’ours, aurait contribué à diminuer la pression exercée
sur les populations déjà menacées par la perte d’habitat due au
réchauffement climatique. La décision d’aujourd’hui pourrait constituer
le dernier coup venant causer la disparition de l’ours polaire.»
:
- Le
réchauffement climatique détruit l’habitat de l’ours polaire sur la
glace des mers à un rythme tel que sa population devrait diminuer des
deux tiers d’ici 2050. Les ours polaires ne peuvent tout simplement pas
survivre sans glace de mer, d’où ils chassent le phoque, leur
principale proie.
- En 2009, huit populations d’ours polaires sur neuf s’avéraient en
déclin, seule une était classée comme
étant en augmentation; trois étaient jugées stables et l’état des sept
dernières était inconnu ou les données disponibles les concernant
étaient insuffisantes.
- En plus de la menace principale du réchauffement climatique qui les
affecte, les ours polaires sont chassés pour approvisionner le commerce
international de leurs parties et produits, tels que les tapis de peau
d’ours polaire. Au Canada seulement, 689 ours polaires sont abattus
légalement chaque année. Les parties et les produits de 300 d’entre
eux, en moyenne, sont exportés tous les ans.
- Le Groenland a également exporté des parties et des produits d’ours
polaire à des fins commerciales jusqu’en 2008, date à laquelle il a
imposé un moratoire temporaire aux exportations. En dépit de ce
moratoire, le Groenland continue d’autoriser la chasse de 130 ours
polaires chaque année et ceux-ci seront susceptibles d’approvisionner
le commerce international à l’avenir. Les autres États de l’aire de
répartition, à savoir les États-Unis, la Norvège et la Fédération de
Russie, interdisent le commerce international des parties et des
produits d’ours polaires.
- L’Union européenne est le plus grand importateur de parties d’ours
polaire, puisque, au cours des dix dernières années, elle a importé 65
% de ces parties à des fins commerciales, dont 775 peaux et 1 279
morceaux de peau. L’UE a reconnu les conséquences de ce commerce en
interdisant tout simplement les importations de spécimens d’ours
polaire appartenant à deux populations au Canada, les autorités
canadiennes étant incapables de prouver la durabilité des niveaux de
prélèvements. En revanche, elle n’a pas mis fin aux importations
provenant de cinq autres populations canadiennes, pourtant en déclin.
|